Réforme des collectivités : Edouard Balladur vient scruter la région Rhône-Alpes
POLITIQUE - La région Rhône-Alpes aura eu l’honneur, ce jeudi, de recevoir la seule et unique visite sur le terrain de la commission Balladur, pourtant chargée de la réforme des institutions territoriales. « On a trop de travail, le reste, on fera tout depuis Paris », a expliqué André Vallini, le député socialiste de l’Isère, membre du comité de réflexion de la commission. Objectif principal de la réforme : simplifier et clarifier les compétences entre les quatre échelons de collectivités territoriales existants. Le groupe de travail rendra sa copie au président de la République fin février, a annoncé hier Edouard Balladur, pour un projet de loi qui pourrait voir le jour à l’automne prochain. En attendant, l’ancien premier ministre est venu toute la journée à Lyon écouter les principaux élus des exécutifs de la région…

Chacun a ainsi pu poser ses inquiétudes sur la table et présenter ses idées de réforme. Même si toutes ne sont pas compatibles entre elles. Ainsi celle d’Hervé Gaymard, député UMP de Haute-Savoie, qui verrait bien le rassemblement des deux Savoies (la haute et la basse). Et la vision de Jean-Jack Queyranne, président socialiste de la région, qui prône le principe d’une région forte. Selon le député André Vallini, Edouard Balladur aurait d’ailleurs fait remarquer à Hervé Gaymard que si chacun commençait à vouloir sa mini-région dans une plus grande, ça deviendrait difficile.

Mais un des projets qui aura le plus retenu l’attention de la commission est celui promu par Gérard Collomb de grandes métropoles urbaines. Pour le maire socialiste de Lyon, qui cite en modèle des villes comme Barcelone ou Manchester, « le fait urbain existe en France. 75 % des Français vivent en ville, dans des bassins de vie qui ont dépassé les périmètres administratifs anciens. Et pourtant, il y a encore trop peu de prise en compte ». Or, selon lui, « le cas des territoires à prédominance rurale ne peut pas être traité de la même manière que le cas des territoires à dominante urbaine ». Dans ces métropoles, l’échelon communauté urbaine serait étendu à un territoire plus large qu’actuellement et, surtout, prendrait plus le pas sur les communes.

Egalement au centre des débats de la commission : la question de la fusion des entités régions et département. La disparition de ces derniers suscitant de très fortes crispations. Dans le Rhône, Michel Mercier, le président centriste du département, a longtemps été farouchement opposé à la disparition du conseil général qu’il préside depuis plus vingt ans. Aujourd’hui, alors qu’il a plus ou moins annoncé qu’il envisageait de le quitter, il trouve que ça ne serait pas une si mauvaise idée. Ce sujet a fait l'objet de nombreuses questions de la part des élus, explique Edouard Balladur : "Comment coordonner départements et régions et faut-il que les élus territoriaux soient élus ensemble ? Comment faut-il répartir les compétences entre région et départements ?"

« Tout le monde est très attaché aux deux échelons que sont le département et la commune », note l'ancien premier ministre. Cependant, assure-t-il « lorsque j’ai les élus en face de moi, je les sens très ouverts. Je perçois nettement l’envie de changement depuis un an ». La réforme des institutions territoriales est pourtant, avait-il plaisanté en débutant les travaux de cette commission, plus difficile que celle de la constitution. « La réforme des collectivités territoriale touche 500.000 élus locaux, et donc autant de susceptibilités », résume le député socialiste de l’Isère André Vallini.

Alice Géraud

Rédigé par Philippe BAUMEL le Mardi 6 Janvier 2009 à 10:03

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